Mon métier de Préparateur mental Tennis

14 décembre 2017

Yves Latreille m’a demandé hier de résumer mon travail. Et je devais résumer mon travail en quelques lignes mais c’est pour moi trop simpliste de résumer tout cela en 2-3 lignes (D’ailleurs, le titre de cet article est Préparateur mental tennis mais je ne me considère pas comme tel…)

Effectivement, je pourrais dire que j’aide les joueurs de tennis à devenir fort mentalement. Mais pour cela, faudrait-il encore savoir ce que signifie être fort mentalement.

J’avais donc envie de dédier un article pour clarifier mon travail.

Seulement, avant d’expliquer ce que je fais, j’aimerais prendre quelques lignes pour expliquer pourquoi je le fais.

 

Il y a 10 ans, je faisais parti des meilleurs joueurs français de ma catégorie d’âge. Seulement, je me suis blessé à l’âge de 16 ans, l’année du bac. Je me suis alors dit que c’était le moment de retourner au lycée.

J’ai alors pendant plusieurs mois (et mêmes années) justifier le fait que je n’avais pas été champion à cause d’une blessure.

La réalité ?

C’est que Lucas Pouille par exemple avec qui j’ai été plusieurs années en Pôle France a été blessé plus longtemps que moi et cela ne l’a pas empêché d’être où il est aujourd’hui.

Ce dont je me suis rendu compte plus tard, c’est que je n’avais pas assez faim pour réussir dans le tennis.

En rentrant en terminal, je ne trouvais plus vraiment de sens à ma vie, j’étais un peu perdu. J’ai donc commencé à m’intéresser à la psychologie dans un but personnel : pour me comprendre avant tout.

Puis mes lectures ont commencé à évolué sur les sujets alentours : le coaching, le développement personnel, la performance, la PNL, sophrologie…

Peu à peu, je me suis senti mieux dans ma vie (même si je ne jouais plus au tennis).

J’ai aussi petit à petit réalisé la puissance de notre cerveau, de nos pensées et de nos émotions.

Puis, un jour, j’assisté à un séminaire de développement personnel et j’écoutais le conférencier jusqu’au moment où il expliquait qu’il préparait une coureuse de 400 mètres pour les JO.

Et à ce moment, je me suis « Whaouuu ! Mais c’est exactement ce que je veux faire ».

J’ai alors commencé à creuser, creuser… encore et encore pour tout comprendre sur l’être humain en général (pas que le sportif). Je me suis formé dans des écoles spécialisées (en France et aux Etats-Unis).

J’ai alors commencé à accompagner des joueuses 1ère série sur le plan mental et elles m’ont alors dit « Whaouu, ça nous apporte tellement ce que l’on fait avec toi ! C’est dingue que l’on ne l’ai pas plus tôt. »

C’est à ce moment que j’ai décidé de créer Mental d’Acier pour rendre tout mon travail accessible à tous. Car je sais que ce que je fais peut apporter à tous ! Peu importe le niveau… peu importe le domaine.

Voilà pour le pourquoi !

Passons maintenant au quoi et au comment.

 

Pour comprendre le quoi, je pense qu’il est important que l’on définisse le mental.

Enfin… pour moi, le mental ne veut pas dire grand chose mais étant donné que c’est un mot qui parle à tout le monde, j’ai choisi ce mot-là.

Car mon travail consiste avant tout à lui permettre d’être dans un état interne adapté à la performance à court terme et à long terme.

Quand je parle d’état interne, cela signifie l’ensemble de pensées et d’émotions qu’il a à un instant T.

Car selon l’état interne dans lequel est un joueur, il ne produira pas le même tennis.

Prenons un exemple : Si tu penses à ta femme qui n’a pas fait la vaisselle et que tu es encore en train de ressentir de l’énervement par rapport à ton patron qui ne t’a pas dit ce que tu voulais qu’il te dise alors tu ne joueras pas le même tennis que si tu es uniquement concentré sur l’instant et que tu ressens de la certitude et de la détermination.

Ceci s’explique car une pensée engendre une émotion… qui elle engendre un comportement et donc un résultat.

Une partie de mon travail consiste donc à permettre aux joueurs de réussir à recréer sur le plan mental (les pensées) et émotionnel l’état qui leur permet d’être au top de leur performance.

Il t’est sûrement arrivé de jouer super bien match et le lendemain de ne pas avoir du tout le même niveau de jeu. La plupart des joueurs s’en tiennent au fait qu’ils soient parfois en forme et d’autres moments pas en forme.

Effectivement, nous sommes des êtres humains et nous ne pouvons pas toujours jouer notre meilleur tennis en match. Par contre, il existe des méthodes, des stratégies et des outils qui permettent de ritualiser la performance et de se rapprocher de son meilleur niveau le plus souvent possible.

On pourrait s’arrêter là et dire que mon métier consiste à aider un joueur à produire des pensées et des émotions adaptées à la performance…Mais ce serait trop simple.

Or, l’être humain est complexe.

Et la plupart du temps, nos pensées et nos émotions sont inconscientes. Effectivement : Nous avons environ 60 000 pensées par jour et 95% sont les mêmes qu’hier.

Car la plupart de nos pensées sont inconscientes. C’est à dire que nous n’en avons même pas conscience.

D’où viennent-elles alors ?

De notre inconscient qui est dirigé par notre modèle du monde, autrement dit l’ensemble de nos croyances.

Et c’est à cet endroit que mon métier devient vraiment intéressant.

Car nos croyances, c’est ce qu’il y a plus puissant. Elles ont le pouvoir de détruire ou de construire. Elles sont tout. Chaque fois que nous émettons un jugement, c’est en réalité une croyance et non une vérité.

Toutes nos limites dépendent de nos croyances. Et elles vont déterminer jusqu’où nous pouvons aller, si nous sommes dignes de réussir ou pas, dignes d’être aimé ou pas…

Et la plupart de temps, ce qui empêche un joueur d’être au top de son niveau, c’est avant tout les croyances limitantes qu’il va avoir vis à vis de lui ou de l’extérieur.

Très souvent, le joueur n’a pas conscience de ses croyances limitantes et mon rôle est donc de l’aider à en prendre conscience afin de reconstruire une croyance aidante.

Car nos pensées ne sont que la conséquence de nos croyances.

Concrètement, si au fond de moi, je crois que je ne suis pas capable de gagner à négatif alors dès que je jouerais à négatif, je vais commencer à avoir des pensées du type : Est-ce que cela va tenir… Je vais pas réussir à maintenir mon niveau de jeu… Dans le deuxième set, il va sûrement se réveiller… Tout cela va alors créer du doute, du stress et de la peur…

Tout cela qui va peu à peu me faire sortir du match et me faire perdre un match que j’aurais pu gagner.

Ainsi… si je devais résumer mon métier en une phrase :

J’aide les joueurs à se libérer de leurs limites internes pour pouvoir être 100% du temps dans un état interne adapté à la performance et pouvoir aller au bout de leur potentiel.

 

Tu penses que cela peut servir à quelqu'un de ton entourage ? Alors partage-le :)
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About the Author

mentaldacier

Julien Musy, créateur de Mentaldacier, accompagne les joueurs de tennis à exprimer leur plein potentiel en match tout en s'épanouissant sur le court de tennis. Après avoir été plusieurs fois vice-champion de France de Tennis entre l'âge de 12 et 18 ans et sélectionné en équipe de France d'avance, il finit par arrêter le tennis et à abandonner ses rêves à cause d'un mental défaillant. Depuis, il s'est formé dans différents endroits du monde à la recherche d'éléments pour lui permettre de répondre à la question : "Pourquoi deux joueurs ayant le même potentiel auront à long terme des résultats très différents ?". Ses recherches lui permettent aujourd'hui d'accompagner des joueurs entre 12 ans et la première série pour permettre au plus de joueurs possibles d'aller jusqu'au bout de leur capacité.

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