Comment faire pour ne pas stresser quand son fils ou sa fille joue en tournoi ?

21 septembre 2017

Hier, j’ai reçu une question d’une maman membre du programme Parent d’Exception…

Habituellement, je réponds directement dans le groupe facebook réservé aux membres.

Mais cette question me paraissait trop importante pour ne pas en faire un article dédié.

Voici donc la question que j’ai reçu :

Par exemple avant qu’il ne rentre sur le court, je lui dis toujours de s’amuser mais je ne peux pas m’empêcher de stresser quand il fait de grosses fautes. 

Car je sais que s’il n’arrive pas à réaliser des coups qu’il estime devoir réussir il va commencer a se frustrer et à s’énerver et que c’est dur pour lui. Et il n’y a rien de pire pour une mère de savoir que son fils  souffre mais de ne rien pouvoir faire pour l’aider.

donc j’aimerais savoir comment je peux assister à ses matchs sans lui rajouter mon stress. 

 

Déjà, je voudrais te féliciter de m’avoir posé cette question, tu te reconnaîtras…

Car beaucoup de parents sont dans cette situation mais ne cherchent pas à progresser et rejettent la faute à l’extérieur.

Prendre conscience que l’on a quelque chose à améliorer constitue déjà 50% du travail.

La deuxième partie du travail va consister à trouver des solutions permettant de rester calme et serein en tant que parent lorsque son fils ou sa fille joue en compétition.

Et j’aimerais donner quelques pistes à travers cet article pour réussir à prendre du recul en tant que parents et réussir à gérer ses émotions quand votre enfant joue en match.

 

Comment assister à son match sans lui rajouter de stress ?

 

La première chose à comprendre est que si vous stressez en tant que parents, c’est uniquement en fonction du sens que vous donnez aux évènements et non en fonction des évènements.

Prenons l’exemple de la maman qui m’a envoyé cette question hier. Pour faciliter la compréhension, on va imaginer qu’elle s’appelle Clémence et que son fils s’appelle Martin.

Ce qui fait stresser Clémence, ce n’est pas le fait que son fils rate et fasse une faute…

C’est le sens qu’elle donne à cela.

Car elle est déjà en train d’anticiper que son fils va commencer à se frustrer et à s’énerver.

Sauf qu’au moment où Clémence se met à stresser, son fils Martin ne s’est pas encore énervé.

Seulement en voyant sa mère se crisper, il se crispe lui aussi ce qui fait qu’effectivement il va commencer à se frustrer…

Le cercle vicieux est alors enclenché : Martin s’énerve et sa maman Clémence stresse encore davantage ce qui fait que Martin est encore plus tendu…

Alors que peut-être que si Clémence n’avait pas fait la première anticipation, Martin n’aurait pas mis autant d’importance sur le fait de râter et ne se serait pas énerver.

On ne peut pas savoir en fait…

Mais là où je veux en venir, c’est que ce n’est pas le fait que Martin rate qui stresse Clémence mais plutôt les anticipations que Clémence fait par rapport à cela.

Et ce qu’il faut comprendre, c’est que ce n’est jamais un évènement en soi qui crée une émotion chez nous mais uniquement les conséquences que l’on imagine.

Or, ses conséquences ne sont qu’une projection du passé.

Et si l’on continue à projeter notre passé encore et encore dans le futur, il n’y aucune raison de s’attendre à des résultats différents.

C’est cette phrase d’Einstein qui dit : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à des résultats différents ».

La première chose à faire pour Clémence est donc de changer l’histoire qu’elle se raconte par rapport aux conséquences du fait que son fils rate.

C’est exactement l’idée de cette vidéo de David Laroche que je vous invite à regarder jusqu’au bout…

Changez et équilibrez vos perceptions

 

La deuxième chose à comprendre est qu’une émotion est toujours le fruit d’une perception erronée de la réalité.

C’est à dire qu’une émotion négative surgit parce que j’imagine que les conséquences de l’évènement vont créer :

  • plus de douleur que de plaisir
  • plus de chaos que d’ordre
  • plus de difficultés que d’opportunités
  • plus de perte que de gain

Seulement, nos perceptions erronées viennent uniquement du fait que nous regardons les choses à court terme.

Bien sûr que c’est inconfortable pour un enfant de « souffrir » sur un court de tennis ou encore de perdre contre quelqu’un de moins fort que lui et de se dire qu’il est nul.

C’est forcément plus inconfortable que si il était resté devant la télé à regarder des dessins animés ou une série quelconque.

Maintenant, ce n’est pas parce que c’est inconfortable que cela est mal.

Bien au contraire, les parents qui liront cet article savent que la vie nous apporte un lot de plaisir et un lot de souffrance. Et les gens les plus heureux ne sont pas ceux qui vivent moins de souffrances mais uniquement ceux qui réussissent à leur donner un sens.

Or, souffrir pour un rêve au bout..

…le rêve d’être champion

…le rêve de jouer au tennis toute sa vie

…pour faire du tennis son métier permet de donner un sens à la souffrance.

 

Pourquoi certains font de la musculation ? Est-ce que ces personnes souffrent moins ?

Non, c’est juste qu’elles donnent un sens au fait de soulever une barre de fer car elles anticipent le fait que cela va leur permettre d’être plus séduisant, plus en forme, mieux dans leur peau…

Et elles sont donc prêtes à souffrir !

 

Votre enfant sort parfois en dégouté d’un match de tennis ?

Il sort parfois en pleurant ou avec l’envie de tout arrêter…

J’ai envie de dire tant mieux…

Car son rêve lui permettra de se relever.

Lui permettra aussi de comprendre que la souffrance fait partie de la vie.

Il aura alors appris à l’affronter, la transcender et la transformer le plus tôt possible…

Plutôt que d’avoir passé son adolescence dans un canapé à regarder des séries américaines qui l’auront font fantasmer d’une vie sans douleur et de prendre la plus grosse claque de sa vie le jour où il connaitra son premier licenciement.

 

Donc apprenez en tant que parent à prendre du recul par rapport à la souffrance de votre enfant sur le court de tennis et de voir les choses à plus long terme pour lui ou elle.

Je ne dis pas que c’est facile…

…je dis juste que cela vous permettra d’améliorer votre bien-être et le bien-être de votre enfant sur le court.

 

Est-ce que j’ai souffert durant mes années en Pôle France ?

Oui, bien sûr !

Est-ce qu’il y a eu des moments où j’aurais préféré avoir une adolescence comme tout le monde ?

Evidemment !

Pour autant, avec le recul, je ne changerai cela pour rien au monde.

C’est dans la difficulté que je me suis forgé.

Certains me disent « Julien, c’est dingue la maturité et le courage que tu as à 24 ans ».

Peut-être, je n’en sais rien et ce n’est pas important.

Ce qui est important, c’est de comprendre que chaque fois que votre fils ou votre fille souffre, il/elle se contruit pour le reste de sa vie.

Est-ce que j’aurais crée ma première entreprise à 22 ans si je n’avais pas connu le tennis à haut-niveau ?

Bien sûr que non.

Est-ce que je pourrais voyager à travers le monde tout en faisant ce que j’aime en gagnant plus d’argent que 90% de la population à seulement 24 ans si je n’avais pas souffert d’avantage qu’un adolescent normal ?

Bien sûr que non.

 

Alors reconsidérez les difficultés de votre enfant, donnez-leur un sens différent et voyez-en les bénéfices à long terme.

 

Utiliser la triade émotionnelle

 

J’en parle souvent même si c’est d’habitude davantage destiné aux joueurs de tennis qu’aux parents.

Le système est le même…

Toutes nos émotions sont déterminés par 3 choses :

  • Focus : Là où nous portons notre attention
  • Physiologie : Notre façon de respirer, d’utiliser notre corps et les muscles de notre visage
  • Langage intérieur : La façon dont je me parle et l’histoire que je me raconte par rapport à cela

 

Commençons par le focus : Tout ce sur quoi vous portez votre attention, vous le ressentez.

Si je porte mon attention sur le fait que mon enfant souffre à court terme, je ne ressentirais pas la même chose que si je porte mon attention sur le fait que cela est un cadeau pour le reste de sa vie.

Physiologie : Chaque émotion correspond à une physiologie bien particulière.

On ne respire pas de la même façon et nous n’avons pas la même posture lorsque l’on est colère que lorsque l’on ressent de la gratitude.

Souvent, notre corps se verrouille lorsque l’on a peur et que l’on est stressé…

Et il est possible juste en changeant de posture et en changeant notre façon de respirer de changer de notre état émotionnel en quelques instants seulement.

Passons maintenant au langage intérieur.

Si je me dis que c’est horrible, que c’est de ma faute, que je suis une mauvaise mère, je ne peux pas m’attendre à me sentir détendu.

Alors que si au contraire, j’ai un discours positif constructif à l’intérieur de moi, je vais avoir des émotions différentes.

 

Si vous voulez en savoir plus sur cette triade, je vous invite à lire cet article : Comment gérer ses émotions au tennis ?

 

Voilà, ce que j’avais à vous dire à propos de cet article..

Ce que vous devez retenir pour gérer son stress quand son enfant joue au tennis

 

  1. Apprenez à anticipez les choses positivement plutôt de projeter le scénario du passé dans le futur
  2. Reconsidérez le sens que vous donnez aux difficultés que traversent votre enfant
  3. Apprenez à utiliser la triade émotionnelle

 

Si vous pensez que cet article peut-être utile à d’autres parents alors partagez-leur 🙂

 

Avec passion,

 

Julien

 

 

 

 

 

Tu penses que cela peut servir à quelqu'un de ton entourage ? Alors partage-le :)
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About the Author

mentaldacier

Julien Musy, créateur de Mentaldacier, accompagne les joueurs de tennis à exprimer leur plein potentiel en match tout en s'épanouissant sur le court de tennis. Après avoir été plusieurs fois vice-champion de France de Tennis entre l'âge de 12 et 18 ans et sélectionné en équipe de France d'avance, il finit par arrêter le tennis et à abandonner ses rêves à cause d'un mental défaillant. Depuis, il s'est formé dans différents endroits du monde à la recherche d'éléments pour lui permettre de répondre à la question : "Pourquoi deux joueurs ayant le même potentiel auront à long terme des résultats très différents ?". Ses recherches lui permettent aujourd'hui d'accompagner des joueurs entre 12 ans et la première série pour permettre au plus de joueurs possibles d'aller jusqu'au bout de leur capacité.

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