Jugement au tennis : La meilleure façon de gâcher son potentiel

5 avril 2017

Peut-être qu’il t’est déjà arrivé de te dire en voyant ton adversaire frappé les 7 ou 8 premières balles de l’échauffement :

  • J’ai pas le droit de perdre
  • Ah, il est nul !
  • Je suis obligé de gagner contre un adversaire comme ça !

Et pour être honnête avec toi, c’est quelque chose que j’ai fait de l’âge de 8 ans à 17 ans !

C’est un pratique courante dans le tennis.

Seulement, tu auras peut-être remarqué qu’à chaque fois que tu fais ça, peut-être que tu gagnes mais la qualité de ton match est loin d’être brillantissime.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que tu as fait appel à ce que l’on appelle : le jugement au tennis.

Et je vais t’expliquer dans cet article pourquoi il est indispensable que tu t’en libères si tu veux te donner une chance d’aller au bout de ton potentiel tout en prenant un plaisir maximal.

Le jugement, principal destructeur de ton tennis

« Dès que nous réfléchissons, délibérons, conceptualisons, l’inconscience originelle se perd et une pensée s’interpose. L’homme est bien un roseau pensant, mais ses plus grandes oeuvres se font quand il ne pense ni ne calcule » – D.T. Suzuki

Chaque fois que tu juges, que tu évalues, que tu polarises, tu es alors en train de faire appel à ton ego. Il n’y a rien de mal à cela.

Seulement, ton ego est la partie consciente de toi, c’est ce fameux moi n°1 (Dont je parle ici).

Or, la partie qui te permettra de jouer ton meilleur tennis est au contraire ce moi n°2 qui est cette pure conscience. Ce moi n°2 est libre de tout jugement et de toute évaluation.

Il joue en relâchement et fait ce qu’il sait faire le mieux.

L’être humain n’aime pas recevoir d’ordres

Le moi n°1, l’égo, est le donneur d’ordre, c’est lui qui va diriger le moi n°2.

Ce moi n°2 exécute.

Or, la qualité d’exécution du moi n°2 dépend de la qualité de la communication entre ces deux parties.

Et de l’intention dans lequel le moi n°1 donne les ordres.

Si les ordres du moi n°1 sont basés sur la peur (peur de perdre), c’est à ce moment là que la tension surgit et t’empêche de te libérer.

Et à partir du moment où le moi n°2 commence à être crispé, il se tend de plus en plus pour finalement jouer de moins en moins bien.

Et à ce moment, le moi n°1 se mets à émettre des jugements contre lui-même du type « Je suis nul », « Je ne mérite pas de gagner en jouant comme çà », « ce que je fais, ça ne s’appelle même pas du tennis ».

C’est un peu comme lorsque tu étais adolescent, lorsqu’un professeur se croyait supérieur à toi et t’ordonner quelque chose, tu n’avais pas envie de le faire.

Et tu baclais le travail.

Alors qu’au contraire, lorsqu’un de tes professeurs prenait le temps de te comprendre et de te demander gentiment de faire quelque chose, tu étais beaucoup plus enclin à cette suggestion.

C’est la même avec ton jeu, plus tu vas juger ton jeu, plus ce sera compliqué pour toi d’avoir un jeu fluide et relâché.

Pour jouer mon meilleur tennis, je ne pense à rien…

D’ailleurs quand je pose la question à des joueurs : A quoi penses-tu lorsque tu joues ton meilleur tennis ?

La réponse est toujours la même, je ne pense à rien à part, je suis présent dans l’ici et maintenant.

Calmer l’esprit signifie moins penser, calculer, juger, s’inquiéter, craindre, espérer, moins faire d’effort, moins regretter, mon contrôler, ou être moins distrait.

L’esprit est calme lorsqu’il est complètement ici et maintenant et qu’il ne fait plus qu’un avec l’action et l’acteur.

Calmer son esprit pour se libérer du jugement au tennis

Un des penchants humains consiste à se juger soi-même et à attribuer une valeur positive ou négatives à nos actions.

Et par conséquence à notre tennis.

Notre éducation nous a renforcé pour la plupart dans ce penchant.

Combien d’entre nous avons entendu des remarques tels que : « Tu joues trop long, trop court, pas assez vite, tu pas la balle assez tôt, tu n’es pas assez concentré, tu ne plies pas assez tes jambes… ».

Et chaque fois que nous attribuons une valeur positive ou négative à un évènement, une personne ou des circonstances, nous sommes alors en train de juger.

Vous allez me dire que nous ne sommes pas en cours de philosophie bouddhiste et que ce que je suis en train d’écrire n’a rien à voir avec le tennis.

Ceci n’est pas tout à fait vrai puisque c’est le fait de juger qui engendre le processus de la pensée. 

Un processus d’amélioration destructeur

Après avoir jugé quelque chose de négatif, l’esprit va alors cherché une solution pour améliorer le coup.

Tandis que si il a jugé la chose de façon positive, il va trouver des solutions pour reproduire cela.

Il va donc ensuite se donner à nouveau des conseils ce qui constitue un nouveau jugement.

Et cela engendre le phénomène inverse de ce dont a besoin un tennisman qui est la clarté et le calme de l’esprit.

Après cette chaîne de jugement, l’esprit est alors tout sauf calme et le corps est totalement est crispé.

Ainsi, ce corps crispé et cet esprit agité va engendré que le prochain coup soit moyen. A ce moment, le processus de jugement va continuer.

Et le jugement sera alors de plus en plus négatif.

S’identifier au jugement au tennis : la clé pour régresser définitivement

Jusqu’au jour où le joueur va généraliser et s’identifier à ces coups : Plutôt que d’observer le fait que la balle qu’il vient de frapper a atterrit dans le filet, il va dire « J’ai un très mauvais revers ».

Ou cela peut aussi partir d’une balle facile raté pour finir à une généralisation du type « Je rate toujours les balles faciles.

L’esprit commence par juger, puis il groupe les événements.

Il s’identifie ensuite à l’événement combiné et finalement il se juge lui-même.

Et ces jugements deviennent alors des prophéties auto-réalisatrices.

Tu commences alors à t’hypnotiser toi-même en envoyant des ordres du type « Rate cette balle facile, tu la rates tout le temps », « Pousse la balle puisqu’en match, tu pousses tout le temps la balle »…

La philosophie bouddhiste nous dit « Tu deviens ce que tu penses être ».

Doit-on se dire que c’est parfait lorsqu’on ne met pas un balle dans le court et cesser de juger ?

Je t’imagine déjà en train de dire « Pfff, ok mais si je mets pas une balle dans le court, comment puis-je faire pour ne pas juger ? ».

Attention, ne pas juger ne signifie pas pour autant ignorer les erreurs.

Cela veut simplement dire voir les événements tels qu’ils sont sans y ajouter un bavardage mental par-dessus.

Observer que tu as mis 50% des balles dans le filet est totalement que de se dire « Mon revers était vraiment pourri aujourd’hui ».

Apprécier ce qui est sans vouloir que cela soit autrement

Lorsque nous plantons une graine de rose, nous voyons bien qu’elle est petite, mais nous ne critiquons pas le fait qu’elle est « sans racine et sans tige ». Nous la considérons comme une graine, nous lui donnons de l’eau et prenons soin d’elle. Lorsqu’elle commence à sortir de terre, nous ne la condamnons pas parce qu’elle n’est pas éclose ou encore trop jeune. Nous n’en voulons pas aux boutons de ne pas être déjà ouverts lorsqu’ils apparaissent. Nous sommes émerveillés par ce qui se passe sous nos yeux et nous accordons à la plante tout le soin qu’elle mérite à chaque étape de son développement. La rose est rose dès l’instant où elle est graine et jusqu’à ce qu’elle meurt. Dans cet intervalle et à chaque instant de sa vie, elle a en elle tout son potentiel. Elle semble être constamment en évolution. Pourtant à chaque étape, à quelque moment que ce soit, elle est bien comme elle est. 

Tu progresses dans la défaite à condition de l’observer sans la juger

De la même façon, nous pourrions considérer que nos erreurs ont une part important dans l’évolution de notre jeu.

Même nos fautes font partie de cette évolution et notre jeu sait en tirer profit.

Il ne s’agit pas de mauvais événements mais ils paraissent sans fin aussi longtemps que les considérons comme mauvais et que nous nous identifions à eux.

De même que le bon jardinier sait si le sol a besoin de produits alcalins ou d’acides, le joueur de tennis doit pouvoir observer (plutôt que d’y réagir)ce qui permettra à son jeu d’évoluer (Tu peux également lire « comment se concentrer au tennis »)

La première étape de la progression consiste à voir tes coups tels qu’ils sont.

Ils doivent être clairement perçus. Ceci n’est réalisable que lorsque tout jugement personnel est supprimé.

Dès qu’un coup est analysé d’une manière très nette et qu’il est accepté tel qu’il est en réalité, un processus de changement naturel s’installe rapidement.

A toi de jouer 😉

Pour conclure cet article, j’aimerai que tu complètes la phrase suivante : « Pour arrêter de juger, je devrais arrêter de me répéter ______________________ ».

J’espère que cet article t’a plu et t’a été utile. Je t’invite à le partager autour de toi car si les joueurs et joueuses cessaient de se juger, cela ferait un grande différence.

Laisse moi en commentaire également la réponse à l’exercice compléter la phrase…

Avec passion,

Julien

 

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About the Author

mentaldacier

Julien Musy, créateur de Mentaldacier, accompagne les joueurs de tennis à exprimer leur plein potentiel en match tout en s'épanouissant sur le court de tennis. Après avoir été plusieurs fois vice-champion de France de Tennis entre l'âge de 12 et 18 ans et sélectionné en équipe de France d'avance, il finit par arrêter le tennis et à abandonner ses rêves à cause d'un mental défaillant. Depuis, il s'est formé dans différents endroits du monde à la recherche d'éléments pour lui permettre de répondre à la question : "Pourquoi deux joueurs ayant le même potentiel auront à long terme des résultats très différents ?". Ses recherches lui permettent aujourd'hui d'accompagner des joueurs entre 12 ans et la première série pour permettre au plus de joueurs possibles d'aller jusqu'au bout de leur capacité.

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