Maitriser son mental grâce au jeu intérieur au tennis

7 mars 2017

Comment devenir un maître du jeu intérieur au tennis ?

Avant d’aller plus loin dans cet article, laissez-moi vous parler du jeu intérieur au tennis. Qu’est-ce que ce fameux jeu intérieur qui permettrait de maitriser son mental ?

Timothy Gallwey a écrit son premier livre «The Inner Game of Tennis» en 1974 (En français, le jeu intérieur au tennis »). Dans ce livre, l’auteur présente une approche radicalement différente de l’enseignement traditionnel du tennis.

Il a démontré le rôle de l’esprit et du mental dans l’apprentissage du tennis. Et surtout pourquoi dans la plupart des cas, ce mental est notre pire ennemi pour atteindre les performances que nous devrions atteindre par rapport à notre véritable potentiel.

Timothy Gallwey démontre que la plupart des fautes que nous commettons viennnent avant tout d’un dialogue intérieur qui créent des interférences avec notre tennis naturel. Voici une liste de ces interférences qui nous empêchent de jouer notre meilleur tennis :

– La peur (de perdre, de ne pas progresser, du regard des autres, …)
– Le manque de confiance en soi
– L’auto-condamnation et le jugement envers nous-même
– Une mauvaise concentration et un esprit ailleurs
– Vouloir frapper trop fort
–  Le perfectionnisme
– Une manque de Conscience de soi
– La émotions négatives : frustration, colère, ennui
– Un trop haut niveau d’exigence

Bien que cette liste peut sembler très décourageante, les solutions existent pourtant et c’est ce dont je vais vous parler dans la suite de cet article. Mais avant cela, laissez-moi vous expliquer les fondements du jeu intérieur.

Les fondements du jeu intérieur au tennis

Le moi n°1 et le moi n°2

Si nous prenons un moment et écoutons ce qui se passe réellement dans notre esprit lorsque nous jouons au tennis, nous pourrons alors découvrir qu’il y a un dialogue interne constant. Ce dialogue est généré par le moi n°1 et le moi n°2.

Le moi n°1 est la partie en nous qui critique, qui juge, qui évalue constamment ce qui se passe. Est-ce que c’est bien ? Est-ce que c’est mal ? Voilà ce que pense constamment le moi n°1. Cette partie en nous nous donne constamment des ordres sur ce que nous devons faire et sur ce que nous ne devons pas faire. C’est un peu notre monsieur « Je sais tout ». Elle va alors nous donner des ordres sur comment plier les genoux, quel geste nous devons faire, où nous devons envoyer la balle…

Alors que le moi n°2 est la partie en nous qui exécute silencieusement, calmement et sereinement. Ce moi n°2 est la partie en nous qui est capable de jouer avec fluidité, relâchement et nous emmener dans le flow que tout sportif affectionne particulièrement. Le moi n°2, c’est en fait notre corps qui a cette capacité naturelle à produire les gestes adaptées.

Les interférences avec la performance

Timothee Gallway définit la performance avec la formule qui suit :

Performance = Potentiel – Interférences

La performance correspond au niveau de jeu que nous allons produire durant un match. Le potentiel, c’est notre moi n°2. C’est en fait le meilleur tennis que l’on peut produire lorsque l’on est en confiance, que l’on est relâché et que l’on se sent parfaitement bien. C’est notre niveau de jeu lorsque nous sommes dans le flow.

Les interférences sont toutes les manifestations de notre moi n°1. Ces manifestations sont le stress, la critique intérieur, le manque de confiance, le jugement…

Et le but du jeu intérieur au tennis est donc de diminuer au maximum ces interférences pour que notre performance en match se rapproche au plus possible de notre potentiel.

Les 3 principes fondamentales du jeu intérieur au tennis

Faire confiance aux capacités naturelles de son corps et laisser faire

C’est le premier principe du jeu intérieur. Le tennis est un sport très complexe qui demande un niveau d’automatisation extrême.

Effectivement, nous devons être capable de :

  • nous placer sur la balle
  • préparer notre raquette à effectuer le coup suivant
  • réfléchir à où nous allons renvoyer la balle
  • anticiper ce qu’il va se passer après et le replacement
  • Etc…

Et tout cela en à peine une seconde. Ce niveau de complexité ne peut-être gérer que par notre corps : le moi n°2. Ce moi n°2 a un potentiel exceptionnel lorsque le moi n°1 ne vient avec interférer. Notre corps a effectivement cette capacité à fonctionner de manière naturelle et inconsciente. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour vous actuellement : vous n’avez pas besoin de vous demander comment digérer, comment respirer… Car 99% de l’activité de votre corps est effectuée sans que vous en ayez conscience.

Et c’est ce qu’il devrait se passer au tennis pour jouer votre meilleur tennis. Malheureusement, le moi n°1 veut tout contrôler notamment car il y voit de l’enjeu. Et plus l’enjeu est grand, plus le moi n°1 va s’activer et venir interférer avec l’intelligence naturelle du moi n°2. Comme le disait si bien un de mes mentors David Le François, « La pression de l’enjeu tue le plaisir du jeu ».

« Laisser faire », c’est vivre le jeu intérieur au tennis

La première compétence à développer pour libérer notre potentiel tennistique est ce que Timothee Gallway appelle le « Laisser faire ». Cela signifie progressivement construire une confiance dans la capacité innée de votre propre corps (Le moi n°2) à apprendre et à effectuer. Cela prend généralement un certain temps, mais vous pouvez commencer dès maintenant.

Faisons un petit exercice ensemble. Levez-vous de votre chaise. Oui, oui, vous avez bien compris, levez-vous de votre chaise. Ensuite, essayez de vous tenir en équilibre sur une jambe. C’est bon, vous êtes en équilibre sur un jambe ? Cool. Maintenant, portez votre attention sur tous les muscles de votre jambe qui sont nécessaires pour vous maintenir en équilibre.

Passez en revue chacun de ces muscles. Sentez leurs contractions. Vous remarquez que vous n’avez pas eu à les contracter un à un, cela s’est fait naturellement lorsque je vous ai demandé de vous tenir en équilibre. Vous avez donc « Laisser faire » votre corps. Ce mouvement a donc été produit par le moi n°2.

Donc laisser faire, cela se produire signifie que vous laissez l’équilibre entre le moi n°1 et le moi n°2 se produire. Le moi n°1 est là pour donner des directions et des objectifs comme ici « Se tenir en équilibre sur une jambe ». Ces objectifs sont ensuite réalisés par le moi n°2 qui exécute naturellement.

Et cela vous a paru facile car à aucun moment, vous vous êtes demandé si vous deviez tendre tel ou tel muscle. Vous devez avoir des objectifs concrets avant chaque frappe, donnez l’ordre au moi n°2 et laissez faire votre corps !

Calmer votre mental

Calmer son mental est le second principe du jeu intérieur. Effectivement, le tennis est un sport où vous devez réagir et prendre des décisions rapidement comme on l’a vu un peu plus haut dans cet article. Et cela n’est possible qu’avec un esprit calme. Car l’intellligence du moi n°2 ne peut s’exprimer que lorsque le mental (le moi n°1) est calme et posé. Chaque fois que le mental commence à penser, il crée des interférences avec la capacité naturelle de votre corps d’effectuer les coups adaptés. (Découvrez également comment couper le mental sur les points importants)

Pour gagner ce jeu intérieur au tennis, votre esprit doit être concentré uniquement sur les variables importantes. C’est à dire la balle et c’est tout. Dès que votre mental se concentre sur ce qui se passe à côté, sur les facteurs extérieurs, sur l’attitude de votre extérieur, il est alors en train de dissoudre votre concentration.

Et j’aime beaucoup d’ailleurs la définition que Timothee Gallwey donne de la concentration : « La concentration, c’est ce qui me distrait de tout ce qui me distrait ».

Or, si l’on reprend ce que l’on a vu un peu plus haut qui est que les distractions sont les interférences crées pas le moi n°1. On peut facilement en déduire que se concentrer, c’est réussir à se distraire du moi n°1. Et le moyen le plus facile de se concentrer est de focaliser son attention sur quelque chose de subtil à percevoir.

L’auteur conseille donc de se concentrer sur les coutures de la balle. C’est une technique que j’ai essayé et avec laquelle j’ai pu produire un niveau de jeu très satisfaisant. Je vous invite à essayer cela dès votre prochain entrainement (Vous pouvez également lire comment rester concentré au tennis)

Cesser de se juger

Le troisième concept essentiel pour maitriser ce jeu intérieur au tennis est de cesser de se juger. Nous devons cesser de constamment évaluer si ce que le coup que nous venons de jouer est bon ou mauvais. Car chaque fois que nous le faisons, nous faisons appel au moi n°1. Et cela est donc une interférence avec le potentiel du moi n°2. Plus nous analysons ce que nous faisons, plus cela devient compliqué.

Ne vous est-il jamais arrivé de commencer à louper un revers puis deux puis trois… Et votre esprit commence alors à tout décortiqué : Qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce que je dois prendre plus tôt, plus tard… ? Le brouahaha mental commence alors à s’installer et cela crée de plus en plus d’interférences. Et comme par hasard, votre revers se dégrade de plus en plus.

C’est à ce moment que vous devais « cesser de juger » pour « laisser faire ». Prenez une grande inspiration et laissez le moi n°2 trouver les solutions. Concentrez-vous alors sur votre respiration plutôt que d’analyser ce qu’il se passe. Et avec un peu d’entraînement, vous serez en mesure de retrouver la fluidité.

Le jugement est quelque chose qui est très courant chez le tennisman. Et en nous jugeant, nous pensons alors que cela va améliorer les choses mais nous nous trompons. D’ailleurs, Timothee Gallwey s’est rendu compte avec les joueurs qu’il entrainait que la meilleure manière de faire progresser un joueur était juste de lui poser des questions qui lui permettait de faire évoluer son niveau de conscience. Et qu’au contraire, dès qu’un entraineur juge le joueur en disant, c’est bien ou c’est mal, cela augmente immédiatement les interférences produites par le moi n°1 et réduit la performance produite par l’expression du moi n°2.

Jouez le jeu intérieur au tennis dès demain

En résumé, cesser de vous juger, concentrez-vous sur la balle et laisser faire le corps et son intelligence.

Pour tout vous dire, lorsque j’ai lu son livre, j’ai trouvé ça un peu trop beau pour être vrai mais en réalité, ces principes sont d’une efficacité redoutable. Testez-les et vous m’en direz des nouvelles. Vous découvrirez également qu’ils sont plus compliqués à mettre en place qu’ils n’y paraissent.

J’espère que cet article t’a plu et t’a été utile. Je vous invite à le partager et à me laisser un commentaire afin d’en faire bénéficier vos proches, élèves, partenaires.

Avec passion,

Julien

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About the Author

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Julien Musy, créateur de Mentaldacier, accompagne les joueurs de tennis à exprimer leur plein potentiel en match tout en s'épanouissant sur le court de tennis. Après avoir été plusieurs fois vice-champion de France de Tennis entre l'âge de 12 et 18 ans et sélectionné en équipe de France d'avance, il finit par arrêter le tennis et à abandonner ses rêves à cause d'un mental défaillant. Depuis, il s'est formé dans différents endroits du monde à la recherche d'éléments pour lui permettre de répondre à la question : "Pourquoi deux joueurs ayant le même potentiel auront à long terme des résultats très différents ?". Ses recherches lui permettent aujourd'hui d'accompagner des joueurs entre 12 ans et la première série pour permettre au plus de joueurs possibles d'aller jusqu'au bout de leur capacité.

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