Accéder au flow au tennis

5 février 2017

Comment le flow au tennis va vous permettre de jouer en match comme à l’entrainement

Le but de cet article est de vous permettre de pouvoir vous permettre de passer d’un état où vous vous sentez moyennement bien à un état où vous jouez le meilleur tennis de votre vie. Autrement dit, vous permettre d’atteindre le flow au tennis en quelques secondes et quand vous le voulez. C’est prometteur, non ?

Avant de vous donner cette technique extrêmement puissante, laissez-moi vous expliquer ce que l’on cherche à faire. Effectivement, peut-être que la promesse vous paraît trop belle. Et je peux le comprendre, c’est pour cela que je dois vous expliquer ce concept de flow au tennis avant tout.

Ce que vous devez savoir sur le flow au tennis

C’est Mihály Csíkszentmihályi, un psychologue hongrois, qui a mis au point le concept du Flow selon lequel être dans un état de concentration totale ou d’absorption complète dans une activité est la clé du bonheur. Selon lui, c’est une expérience qui caractérise le sport de haut niveau. Cet état dans lequel un athlète est pleinement engagé dans l’activité est un moment tellement unique et intense qu’en l’atteignant une première fois, la Zone devient une source pure de motivation intrinsèque. La Zone peut être ressentie quel que soit le niveau sportif et n’est pas réservée aux sportifs de haut niveau.

Dans la Zone, les émotions ne sont pas juste contenues mais aussi positives, stimulées et alignées avec la tâche exécutée. La Zone est un sentiment de joie spontanée, ressenti en exécutant une tâche bien qu’elle soit aussi décrite comme un sentiment profond ne se concentrant rien que sur l’activité et non sur les émotions.

Thomas Sammut, préparateur mental du cercle des nageurs de Marseille, parle même de ‘transe’ : « Ce n’est pas une extase mais c’est une sorte de transe. On ne ressent plus la douleur par exemple. La zone’ m’a souvent fait penser à des moines que j’ai rencontrés pendant un voyage au Tibet. Ils sont dans un vrai travail de méditation. Pour devenir moines, ils doivent passer un test : on les mouille à 3000 mètres d’altitude et ils doivent se sécher seulement avec leur énergie corporelle. Pour accomplir un tel acte, il faut être dans la zone…”

Le flow expérimenté par les sportifs

« J’ai eu l’impression de pouvoir courir une journée entière sans fatigue, de pouvoir dribbler à travers toutes leurs équipes ou à travers tous, que je pouvais presque leur passer à travers physiquement. »Pelé

« A un moment donné, vous ne maîtrisez plus rien. Il y a une sorte de lâcher-prise quand c’est dur physiquement. Quand vous arrivez au bout du rouleau, il y a un moment où on ne peut plus prévoir ce qu’il va se passer. » – – Justine Hénin

“La zone c’est un moment de grâce, de plaisir intense. On a l’impression qu’on a le temps. Comme si l’action ralentissait le temps. Pour illustrer ça, je raconte souvent que j’ai des souvenirs, des tranches de vie, qui font l’épaisseur d’un trentième de seconde. Mais je me souviens qu’il s’est passé quelque chose de précis, que je me suis jeté sur la ligne d’une certaine manière par exemple »Stéphane Diagana

Les conditions à réunir pour atteindre le flow au tennis

Vous vous dîtes sûrement “J’adorerais accéder à cet état dans mon tennis”. Et vous avez bien raison puisque c’est le rêve de tout tennisman. Avant de vous donner la technique dont je vous ai parlé au début de cet article, laissez-moi vous donner les 8 conditions définis par Mihály Csíkszentmihályi, si on veut mettre toutes les chances de son côté pour atteindre le flow au tennis.

1) Clarté totale

Le ou les objectifs doivent être clair. C’est-à-dire bien définis. Avoir un but clair permet de diminuer l’incertitude et donc le stress.

2) Equilibre entre challenge et compétence

Il doit y avoir un équilibre entre le challenge et les compétences de la personne. Le challenge défini doit être motivant, source de satisfaction et ne doit pas être perçu comme une tâche pénible. Si le défi dépasse les capacités, il y aura de l’anxiété. Si les objectifs sont trop faibles par rapport aux ressources du sportif, il en ressortira de l’ennui.

3) Focus extrême sur l’objectif

La personne qui veut atteindre son but doit être capable d’une grande concentration sur l’objectif défini et sur sa tâche.

4) Jouer avec la perception du temps

Elle doit également être capable de transformer sa perception du temps (pour un sprinteur, cela pourrait être modifier la perception du temps vers un temps qui s’écoule très lentement lui donnant plus de temps qu’il n’en a en réalité ; pour un marathonien, un temps perçu comme s’écoulant rapidement et lui permettant ainsi de mieux supporter la douleur inhérente à la pratique).

5) Plaisir et motivation intrinsèque

L’activité (la pratique du sport ici) doit être perçue comme source de satisfaction (et non comme une corvée).

6) Relâchement et présence

Il faut savoir se relâcher mentalement. Le sportif doit rester réceptif à ce qui l’entoure mais ne pas mettre en jeu les informations habituellement utilisées pour se représenter la performance et l’action.

7) Maîtrise et confiance en soi

Il faut un contrôle de soi : une sensation de pouvoir réaliser n’importe quelle action et de la réussir quelle que soit la tournure que prennent les événements.

Pour aller plus loin sur cette question, lisez l’article : Les 4 clés de la confiance en soi au tennis

8) Feedback et conscience immédiate

Il doit enfin y avoir mise en place d’un feedback, c’est-à-dire d’un retour de sensations immédiat et direct en compétition ou à l’entraînement (succès et échecs) permettant d’ajuster le comportement.

Avec ces 8 conditions, vous êtes peut-être perdu en vous disant “Ok, et concrètement, comment je fais ?”. C’est là qu’intervient la technique dont je vous parle depuis le début de cet article : le fameux ancrage.

L’ancrage pour entrer et rester dans le flow au tennis 

Un ancrage ? Est-ce que l’on parle de mettre du plomb dans sa raquette pour qu’elle soit plus lourde ?

Non, pas du tout, un ancrage est un réflexe conditionné, dû à la création d’une association d’un état émotionnel et d’un stimulus unique.

Ce phénomène a été démontré par Ivan Pavlov et son fameux chien. Lorsque Pavlov présentait de la nourriture à son chien, celui-ci salivait. Ce phénomène est un réflexe inconscient chez les mammifères : Une réponse inconditionnelle (salivation) a été entrainée par un stimulus inconditionnel (présence de nourriture).

Il eût ensuite l’idée d’associer un son de cloche (stimulus neutre) au stimulus inconditionnel, la nourriture. Au bout de plusieurs jours, le chien fut conditionné : le stimulus neutre fut associé au stimulus inconditionnel, et le simple son de cloche réussit à faire saliver le chien.

Cette technique est redoutablement puissante, d’une part par ses multiples utilisations, mais aussi par la présence d’une infinité d’ancres différentes et d’émotions différentes.

D’accord Julien, mais en quoi l’histoire ce chien va me permettre de jouer mon meilleur tennis et d’accéder au flow au tennis ? La réponse est simple : Vous allez vous créer en vous une association entre un stimulus (par exemple, le poing serré) à un état interne (par exemple, les sensations que vous aviez le jour où vous avez le match de votre vie. Ainsi, vous aurez alors la possibilité de ré-accéder à ses sensations juste en serrant le poing.

Comment utiliser concrètement cette technique ?

En fait, il s’agit d’identifier un besoin de progression, d’évolution et de rechercher tout d’abord quelle émotion pourrait aider à aller dans le sens de cette évolution.

Exemple : Je doute constamment quand je rate ma 1ère balle sur un point important. J’aimerais me sentir serein, confiant et puissant lorsque je me prépare à servir cette 2ème balle.

L’ancrage pas à pas

  1. L’émotion que l’on souhaite provoquée est un mélange de confiance en soi, de sérénité et de puissance.
  2. On cherche alors une expérience durant laquelle on est parvenu à ressentir cette émotion de confiance, de sérénité et de puissance. Ce peut-être à l’entraînement ou dans un match précis. Il faut se rémémorer le pic précis où ma sensation était à son maximum (je vous explique tout cela dans la fiche outil disponible à fin de cet article)
  3. On cherche un stimuli qui nous aidera avant de servir cette deuxième balle. Ce peut-être de se dire une phrase précise, de visualiser une image, de faire un geste précis… (Pour plus de détails, télécharger la fiche outil disponible à la fin de cet article)
  4. On se place dans un endroit calme et confortable, seule, concentrée, détendue, assise ou allongée, mais bien installée. On effectue une visualisation mentale (en fermant les yeux si ça peut aider) : on repense à ce souvenir particulier, on revoit la scène, on se remet en situation, en respirant bien profondément par le ventre, et on laisse venir à nous l’émotion de ce moment précis. On s’en imprègne, on se laisse submerger par cette émotion. Dans cette montée de l’émotion, on se concentre alors sur le stimuli choisi. Et on continue à laisser monter l’émotion de cette expérience passée en mettant l’intention d’associer cette émotion à ce stimuli.
  5. On revient ici et maintenant puis on effectue cette opération 3 fois.
  6. On teste le stimulus pour voir à quel point il nous permet de revenir dans cette émotion.

Allez plus loin et devenez innarrêtable

J’espère que cet article vous a plu et vous a été utile. Je vous invite à le partager et à me laisser un commentaire afin d’en faire bénéficier vos proches, élèves, partenaires.

Avec passion,

Julien

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About the Author

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Julien Musy, créateur de Mentaldacier, accompagne les joueurs de tennis à exprimer leur plein potentiel en match tout en s'épanouissant sur le court de tennis. Après avoir été plusieurs fois vice-champion de France de Tennis entre l'âge de 12 et 18 ans et sélectionné en équipe de France d'avance, il finit par arrêter le tennis et à abandonner ses rêves à cause d'un mental défaillant. Depuis, il s'est formé dans différents endroits du monde à la recherche d'éléments pour lui permettre de répondre à la question : "Pourquoi deux joueurs ayant le même potentiel auront à long terme des résultats très différents ?". Ses recherches lui permettent aujourd'hui d'accompagner des joueurs entre 12 ans et la première série pour permettre au plus de joueurs possibles d'aller jusqu'au bout de leur capacité.

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